
Judith et Holopherne
Détails
L'histoire
Judith, la veuve du livre qui porte son nom, entra dans le camp assyrien, gagna la confiance du général Holopherne et lui trancha la tête pendant qu'il dormait ivre, sauvant ainsi sa ville assiégée. Cranach l'habille en jeune femme d'une cour allemande, béret rouge à plumes et corsage à motifs, l'épée dans la main droite, la gauche tenant par les cheveux la tête posée sur un parapet de pierre. Ses cheveux tombent longs et libres, comme les portaient alors les jeunes filles non mariées. Vers 1530, l'histoire avait une résonance politique. Certains historiens, dont Werner Schade, ont rapproché les Judith de Cranach de la ligue de Smalkalde, l'alliance des princes protestants formée en 1531 contre Charles Quint, à une époque où tuer un tyran pouvait passer pour une résistance légitime. L'histoire du tableau lui-même suggère une autre lecture. Entré vers 1610 dans les collections des Habsbourg à Vienne, il y fut accroché en pendant d'une Salomé peinte sans doute vers 1600, et les deux femmes étaient alors vues ensemble comme une leçon sur la ruse féminine. Sur la lame de l'épée figure un petit loup, la marque des forgerons de Passau.




