
Le Massacre des Niobides
Détails
L'histoire
En 1583, on découvrit à Rome, sur l'Esquilin, un groupe antique de Niobé et de ses enfants. Ferdinand de Médicis l'acheta pour sa villa du Pincio, et il se trouve aujourd'hui aux Offices de Florence. Encore cardinal, Maffeo Barberini, le futur pape Urbain VIII, consacra une épigramme latine à la statue de la mère, publiée en 1631 dans un recueil de ses poèmes dédié à son neveu Taddeo.
C'est ce même Taddeo, protecteur d'Andrea Camassei, qui commanda la toile, immense, trois mètres sur quatre. On l'a longtemps crue peinte vers 1639, comme pendant du Repos de Diane du même peintre, de même format. Un paiement du 25 septembre 1630 pour « l'histoire de la reine Niobé », publié en 2020, la vieillit de près de neuf ans.
Chez Ovide, Niobé, reine de Thèbes, s'est vantée de sa nombreuse descendance devant Latone, mère des seuls Apollon et Diane, et les jumeaux abattent à coups de flèches ses fils, puis ses filles. Camassei réunit les deux massacres en une seule scène. Les dieux arrivent sur des nuées, un jeune homme presque au centre tente d'arracher une flèche de son genou, et Niobé protège sa plus jeune fille d'un pan de sa robe. En 1630, la peste ravageait le nord de l'Italie, et le jeune mourant de gauche, frappé à la poitrine et soigné par ses sœurs, rappelle saint Sébastien secouru par les saintes femmes, le saint qu'on invoquait contre l'épidémie.