
Francisco Goya, La maja desnuda, 1800. Wikimedia Commons. · PD
La Maja nue
Détails
L'histoire
Vers 1800, Manuel Godoy, l'homme fort de l'Espagne et favori de la reine, possède un cabinet privé où il réunit des nus. C'est pour lui, semble-t-il, que Goya peint cette femme allongée, sans le moindre alibi mythologique : ce n'est ni Vénus ni nymphe, seulement une femme qui fixe le spectateur, les bras repliés derrière la tête. Rien de tel n'existait alors dans la peinture espagnole, où le nu était pratiquement banni. Godoy fait réaliser un pendant, la même femme dans la même pose mais habillée, qu'on pouvait glisser devant l'autre. En 1815, après la chute de Godoy, l'Inquisition convoque Goya pour qu'il s'explique sur ces toiles jugées obscènes. Pour se défendre, il invoque ses modèles, le Titien et Vélasquez qu'il avait étudiés au palais royal. On ignore encore aujourd'hui qui a posé. La franchise du regard, plus que le corps lui-même, est ce qui a longtemps dérangé.





