
Autoportrait
Détails
L'histoire
Dans les années 1840, un peintre des terres bulgares travaillait surtout pour l'église et devait rester invisible derrière les saints qu'il peignait. Sur cette petite toile, environ 76 sur 50 centimètres, Zahari Zograf inverse les choses et nous regarde bien en face. Il s'était formé dans les ateliers d'icônes de Samokov, une ville de montagne peuplée de peintres, et il se montre ici en habits ordinaires de citadin, sans rien de sacré autour de lui. La Bulgarie était encore une province de l'Empire ottoman, et qu'un Bulgare peigne son propre visage sur la toile, pour aucune église et aucun commanditaire, tenait presque de la nouveauté. C'est l'une des œuvres qui marquent d'ordinaire le début du portrait profane de la Renaissance nationale bulgare. De ces portraits de chevalet, il n'en a fait que quelques-uns dans sa courte vie. Il est mort du typhus en 1853, à 43 ans, et c'est par ce visage calme et direct que les Bulgares se le représentent depuis.

