
Le Défi des Piérides
Détails
L'histoire
Ce petit tableau est passé par de grandes mains. L'aristocrate romain Giovanni Battista Crescenzi le possédait au début du XVIIe siècle, puis l'ambassadeur anglais Francis Cottington l'offrit au roi Charles Ier. Après l'exécution du roi, le banquier Everhard Jabach l'acheta, et Louis XIV l'acquit en 1662. Chez Charles Ier comme chez Louis XIV, on le croyait de Perino del Vaga.
Le sujet vient des Métamorphoses d'Ovide. Les neuf filles du roi Piéros défient les Muses au chant, perdent, les insultent et sont changées en pies. À gauche, les Muses nues tiennent la lyre, la harpe et la chalemie, à droite les Piérides le tambourin, la cornemuse et la corne, instruments bruyants. Au centre jaillit la source Hippocrène, que le sabot de Pégase fit sortir de terre.
La composition est celle d'une estampe de Jacopo Caraglio, gravée à Rome d'après un dessin de Rosso Fiorentino, et c'est Mariette, grand connaisseur de gravures, qui rendit le tableau à Rosso. Depuis le milieu du XXe siècle, les spécialistes restent partagés sur son autographie, certains y voyant une copie de la gravure. Transposé du bois sur toile par Robert Picault en 1765, il a beaucoup souffert. Les analyses du laboratoire des musées de France ont pourtant relevé une préparation ocre, que Rosso adopta dans ses années romaines, et des repentirs là où la peinture s'écarte de l'estampe.




