
Jacques-Louis David · CC0
La Mort de Socrate
Détails
L'histoire
David peint cette scène en 1787, deux ans avant la Révolution française, et le public du Salon ne s'y trompe pas. Le sujet est antique : le philosophe grec Socrate, condamné à mort par les juges d'Athènes pour ses idées, s'apprête à boire la ciguë. Mais tout le monde y lit une leçon du moment, celle d'un homme juste qui préfère mourir plutôt que renoncer à sa conscience face à une autorité injuste. Dans la France de Louis XVI, à la veille du bouleversement, le message est limpide. David, qui deviendra quelques années plus tard le grand peintre de la Révolution puis de Napoléon, met en scène la fermeté comme une vertu. Socrate, torse nu et le corps encore vigoureux malgré l'âge, tend la main vers la coupe sans même la regarder, l'index levé, en pleine démonstration philosophique. Autour de lui, ses disciples s'effondrent de chagrin. Le geôlier qui lui tend le poison détourne le visage, incapable de le regarder. Au fond, une figure s'éloigne dans l'escalier, en partie masquée : c'est Platon, présent dans le tableau alors qu'il était en réalité trop jeune et absent ce jour-là, mais placé là comme celui qui rapportera la scène.




