
Chaïm Soutine · PD
La Dinde
Détails
L'histoire
Le dindon pend au crochet d'un vasistas, une petite fenêtre de toit, et son corps étiré traverse la toile en diagonale, le bec ouvert, les pattes recroquevillées, la chair lacérée de touches rouges et jaune vif. Chaïm Soutine le peint vers 1925, dans son atelier proche de Montparnasse, au moment où il enchaîne les bêtes mortes. Il y a les fameux bœufs écorchés, qui renvoient à Rembrandt, et à côté une suite de volailles plumées, pendues par le cou ou par les pattes. Le musée de l'Orangerie les rapproche d'un rite que le peintre avait vu enfant à Smilovitchi, près de Minsk. La veille de Yom Kippour, on fait tourner une volaille au-dessus de la tête avant de l'abattre. La toile a d'abord appartenu au marchand Paul Guillaume, celui-là même qui avait fait découvrir Soutine au collectionneur américain Albert Barnes.




