
Victoire de Samothrace
Détails
L'histoire
À côté de la Victoire, dans une petite vitrine, il y a une main. C'est la paume de sa main droite, retrouvée à Samothrace en 1950, près d'un siècle après la statue elle-même. La tête n'a jamais reparu.
La statue avait été dégagée en 1863 par Charles Champoiseau, vice-consul de France à Andrinople, dans le sanctuaire des Grands Dieux, auxquels les marins demandaient protection. Il envoya le torse au Louvre et laissa sur place de gros blocs de marbre gris. En 1875 seulement, des archéologues autrichiens y reconnurent la proue d'un navire de guerre, sur laquelle la déesse vient se poser en plein vol.
Ce navire est aussi le meilleur indice sur son origine. Il est taillé dans un marbre gris de Lartos, à Rhodes, alors que la figure est en marbre blanc de Paros. Vers 190 avant notre ère, Rhodes, grande puissance navale, combattait aux côtés de Rome les flottes d'Antiochos III, le roi séleucide, et la statue célébrait sans doute une victoire sur mer. Laquelle, on l'ignore. Depuis 1884, la déesse et son navire dominent l'escalier Daru, avec une aile droite en plâtre moulée en miroir sur l'aile gauche.
