
John William Waterhouse
1849–1917 · Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande · Confrérie préraphaélite
L'histoire
Une jeune femme est assise seule dans une barque parmi les roseaux, détachant la chaîne qui la retient, les lèvres entrouvertes sur les dernières notes d'un chant. C'est « La Dame de Shalott » de Waterhouse, de 1888, tirée du poème de Tennyson sur une femme frappée d'une malédiction qui ne peut voir le monde qu'à travers un miroir, et qui meurt à l'instant où elle se tourne pour regarder droit le chevalier Lancelot, avant de dériver sur la rivière vers Camelot.
Waterhouse la peignit dans un esprit préraphaélite, tout en détails éclatants et en langueur littéraire, alors même que la confrérie préraphaélite d'origine s'était dissoute à l'époque de sa naissance. Il appartient à une génération victorienne plus tardive qui en fit renaître le style. De petits indices portent le récit : trois bougies à la proue de la barque, dont deux déjà éteintes.
Il revint deux fois encore à la Dame de Shalott, en 1894 et 1915, peignant le récit à peu près à rebours de ses scènes. La toile de 1888 fut acquise pour la nation presque aussitôt et se trouve aujourd'hui à la Tate Britain, à Londres.

