
Nicolas François Octave Tassaert
1800–1874 · France · Réalisme, Romantisme
L'histoire
Au Salon de 1850 Octave Tassaert présenta un tableau d'une mère et de sa fille mourant ensemble dans une mansarde nue, asphyxiées par les fumées d'un brasero de charbon qu'elles avaient allumé pour en finir. C'était le genre de scène qui fit son nom dans les années 1850, tendre et sombre, avec des enfants malades et des épouses abandonnées, et qui lui valut le surnom de Prud'hon des pauvres, d'après le plus doux peintre classique Prud'hon.
Né à Paris en 1800 dans une famille de graveurs, Tassaert se forma comme graveur et peignit des portraits, des sujets religieux et sentimentaux et, plus discrètement, des nus sensuels qui se vendaient sous le manteau. Le critique Baudelaire l'admirait et le romancier Alexandre Dumas collectionnait ses œuvres, et pourtant il devint plus pauvre et plus amer, buvant beaucoup et se retirant du monde de l'art qu'il en était venu à mépriser.
La vue baissant et la santé ruinée, en 1874 il se donna la mort dans son logement parisien par les fumées du charbon, la méthode même qu'il avait peinte un quart de siècle plus tôt.
