
Édouard Manet · PD
La Négresse
Détails
L'histoire
Longtemps, on a pris cette toile pour une esquisse préparatoire de l'Olympia, le nu que Manet présenta au Salon de 1865, où une servante noire apporte un bouquet. Elle est désormais regardée comme un portrait à part entière. Le modèle a un nom grâce à une note de Manet dans un carnet, qui mentionne Laure, très belle, et son adresse rue de Vintimille, à deux pas de son atelier. C'est elle qui posa pour la servante de l'Olympia. Jeune femme d'origine antillaise, elle vivait dans un Paris où l'esclavage, aboli une première fois en 1794 puis rétabli sous Bonaparte, n'avait été définitivement supprimé dans les colonies françaises qu'en 1848. C'est sur ce point que l'historienne de l'art Griselda Pollock, en 1999, a attiré l'attention en interrogeant le titre ancien, La Négresse. Manet connaissait les tableaux orientalistes de Delacroix et d'Ingres et s'écarte ici de leurs conventions. En quelques coups de pinceau, il saisit l'expression du visage de Laure.




