
L'histoire
Pendant environ 150 ans, de l'époque napoléonienne à 1963, l'abbaye royale de Fontevraud, dans la vallée de la Loire, a servi de prison. L'un de ses bâtiments de service, une grange à foin de la fin du XVIIe siècle appelée la Fannerie, servait alors de réserve. Depuis 2021, ses larges poutres et sa vieille charpente abritent un musée d'Art moderne né d'un seul don.
Les donateurs sont Léon Cligman, industriel du textile né en Moldavie en 1920, et son épouse Martine, peintre qui signe ses œuvres Martine Martine. Les parents de celle-ci, Pierre et Denise Lévy, avaient déjà donné leur collection pour fonder le musée d'Art moderne de Troyes. En 2017, les Cligman ont remis près de 900 œuvres à l'État et à la région Pays de la Loire, des pièces acquises pendant une soixantaine d'années au gré des coups de cœur plus que selon un plan.
Les salles font dialoguer peintures des XIXe et XXe siècles, antiquités et objets d'Afrique, d'Asie et d'Océanie. Henri de Toulouse-Lautrec, le peintre de Montmartre, y apparaît dans un autoportrait vu de dos. On y trouve des toiles du paysagiste Camille Corot, du cubiste Juan Gris et de Chaïm Soutine, des sculptures d'Edgar Degas et de Germaine Richier, et 36 dessins d'André Derain pour une édition du Satiricon, le roman latin de Pétrone.
