
L'histoire
Le comte de Buenavista n'a jamais habité le palais construit pour lui. Sa mère, María Josefa Pinillos, marquise de Selva Nevada, le fit bâtir pour le lui offrir. Il fut achevé à Mexico en 1805, très probablement sur les plans de Manuel Tolsá, architecte et sculpteur valencien qui fondit aussi la statue équestre en bronze du roi Charles IV, toujours debout dans la ville.
Depuis 1968, le palais abrite le Museo Nacional de San Carlos, et ses tableaux ont une histoire plus ancienne que la vie du bâtiment comme musée. Ils formaient d'abord la collection d'enseignement de l'Académie royale de San Carlos, fondée en Nouvelle-Espagne en 1781, la première académie officielle des beaux-arts des Amériques. Les élèves apprenaient en copiant des tableaux européens. Au fil du XIXe et du début du XXe siècle, l'académie y ajouta des œuvres venues de couvents supprimés, des toiles de ses propres professeurs, des copies faites lors de voyages d'étude en Europe et des dons de collectionneurs privés.
Ce que le visiteur parcourt aujourd'hui est ce que le musée présente comme la plus ancienne et la plus importante collection d'art européen d'Amérique latine. Elle va des retables gothiques des XIVe et XVe siècles à la Renaissance, au baroque et au néoclassicisme, jusqu'au début du XXe siècle. La peinture espagnole en est un fil conducteur, avec notamment Le Souper à Emmaüs de Francisco de Zurbarán, le peintre sévillan des moines et des natures mortes, signé et daté de 1639, où les deux disciples reconnaissent le Christ ressuscité à table.
