
Madone au voile
Détails
L'histoire
En août 1947, à Bolzano, deux restaurateurs venus de Florence, Lo Vullo et Sokolov, ont débarrassé ce tableau d'une croûte cristallisée qui avait fait disparaître le visage de la Vierge. L'œuvre rentrait alors en Italie après près de quatre ans d'absence.
Elle était partie à l'automne 1943. Les tableaux des musées napolitains, mis à l'abri dans l'abbaye du Mont-Cassin, avaient été emmenés vers le nord par la division allemande Hermann Göring jusqu'à un dépôt près de Spolète. Là, des officiers ouvrirent six caisses et en retirèrent quelques tableaux pour les offrir à Göring. Celui-ci sortait de la caisse numéro 57. On le retrouva après la guerre dans la mine de sel d'Altaussee, en Autriche. Rodolfo Siviero, le fonctionnaire italien chargé de récupérer ces œuvres, écrivit que c'est lui qui leur avait donné le plus de tourment.
Sebastiano l'a peint à l'huile sur une plaque d'ardoise. La Vierge, les yeux baissés, se penche sur l'Enfant nu endormi au bas de l'image, la tête posée sur ses bras croisés, la bouche ouverte. Deux doigts de sa main droite tiennent un voile si fin qu'on n'en devine qu'un triangle pâle. Derrière cette main apparaît saint Joseph aux cheveux gris, et à droite un ange se perd presque dans l'ombre. Dès 1568, Vasari signalait chez le cardinal Alexandre Farnèse une Vierge couvrant l'Enfant d'un linge, mention que l'on rattache à ce tableau.





