
Saint François dans le désert
Détails
L'histoire
En 1769, l'astronome Jérôme de Lalande, dans le récit de son voyage en Italie, signalait chez les Corsini un « saint François montrant le crucifix, bel ouvrage d'Annibal Carrache ». Les inventaires de la famille le donnaient à Annibal depuis avant 1730, date à laquelle le cardinal Lorenzo Corsini devint le pape Clément XII.
Au XXe siècle, le tableau perdit ce rang. En 1956, une grande exposition des Carrache à Bologne présenta pour la première fois un Saint François des Gallerie dell'Accademia de Venise, même composition et format presque identique, comme une œuvre d'Annibal, et la toile romaine passa dès lors pour une copie d'atelier. Une restauration, présentée en 1996, renversa les rôles. Devant la toile nettoyée, Denis Mahon et Stephen Pepper conclurent, d'après la qualité de la peinture, le modelé et les passages de lumière très nuancés, que le prototype est à Rome et que la version de Venise est plus tardive, due à un élève doué. Ils la datèrent de 1585 ou 1586, avant le départ d'Annibal pour Rome.
François médite devant le crucifix parmi les rochers de La Verna, la montagne toscane où il reçut les stigmates, le visage contracté par les larmes, près d'un crâne et de livres. Le musée lit aussi la nature. Les ronces évoquent la couronne d'épines, et la salamandre, dont on pensait qu'elle survivait au feu, donc à la mort, renvoie au Christ.




