
Jean-François Millet · PD
Des glaneuses
Détails
L'histoire
Quand Millet expose ce tableau au Salon de 1857, la France a connu neuf ans plus tôt la révolution de 1848, et la bourgeoisie reste sur ses gardes. Trois paysannes se courbent dans un champ moissonné pour ramasser les épis oubliés. Le glanage est un droit ancien reconnu aux plus pauvres, qui viennent après la récolte prendre ce qui reste au sol. Millet ne le montre ni pittoresque ni misérable. Il donne à ces trois femmes la solennité qu'on réservait d'ordinaire aux sujets d'histoire ou de religion, et c'est précisément ce qui inquiète. Une partie de la critique y voit une menace, l'un des commentateurs évoquant même les échafauds de 1793 derrière ces dos courbés. Au loin, baignée de lumière, une meule immense et un régisseur à cheval veillent sur la moisson des propriétaires, bien loin du maigre butin du premier plan. Millet, fils de paysans normands, avait passé son enfance dans ces champs. Le geste des glaneuses, il l'avait vu de ses yeux avant de le peindre.




