
Henri Rousseau · PD
La Muse inspirant le poète
Détails
L'histoire
Au printemps 1909, au Salon des Indépendants, les visiteurs découvrent Guillaume Apollinaire en veston noir, plume à la main, et à ses côtés Marie Laurencin, peintre et alors sa compagne, drapée en muse. Fin avril, le poète raconte lui-même la genèse du tableau dans le quotidien Comoedia. Le Douanier, comme on surnommait Rousseau, lui a mesuré le nez, la bouche, les oreilles et les mains pour reporter ces mesures sur la toile, tout en lui chantant les chansons de sa jeunesse. Pour lui faire honneur, il a voulu peindre au premier plan une rangée d'œillets du poète. Seulement, « grâce à la science incertaine des botanistes de la rue Vercingétorix », une rue de son quartier, le peintre s'est trompé de fleurs et a peint des giroflées. Ce sont elles qu'on voit ici au pied du couple. Rousseau a ensuite repris le double portrait avec les bons œillets, et cette première version, vendue au marchand Ambroise Vollard, est entrée plus tard dans la collection du Moscovite Sergueï Chtchoukine.





