
Caspar David Friedrich · PD
Deux hommes contemplant la lune
Détails
L'histoire
Friedrich a peint cette scène au moins trois fois. La première version, de 1819 ou 1820, est à Dresde. Vers 1824, il en fit une autre où l'un des deux hommes cède la place à une femme. Celle du Metropolitan Museum de New York est la plus tardive, peinte vers 1825-1830. En Allemagne, ces promeneurs de dos avaient alors une résonance politique. Après l'assassinat de l'écrivain August von Kotzebue par un étudiant, les décrets de Carlsbad de 1819 avaient instauré la censure et la traque des « démagogues », et le costume dit « vieil-allemand » que portent les deux hommes était devenu suspect. En avril 1820, devant le poète Karl Förster venu à l'atelier, Friedrich plaisanta que ses personnages « fomentaient des menées démagogiques ». Bien plus tard, Samuel Beckett affirma que cette composition était à l'origine d'En attendant Godot. Au-dessus du chemin brille le fin croissant d'une lune naissante, et tout près, sur sa droite, un petit point lumineux, l'étoile du soir, Vénus.




