
Jean-François Millet · PD
Jeune bergère
Détails
L'histoire
En 1983, les restaurateurs du musée passèrent cette toile aux rayons X en quête de petits repentirs, et découvrirent dessous un tout autre tableau, couché sur le côté. C'était La Captivité des Juifs à Babylone, une grande scène biblique que Millet avait exposée au Salon de 1848. Le sujet venait du psaume 137, Au bord des fleuves de Babylone, où les exilés suspendent leurs harpes aux saules et refusent de chanter pour leurs vainqueurs. Sur la radiographie, on distingue encore un soldat qui tend une harpe à une femme qui se dérobe. Le tableau n'avait jamais trouvé d'acheteur et passait depuis longtemps pour perdu. Alfred Sensier, l'ami et biographe de Millet, avait écrit qu'il avait été recouvert, mais il croyait que c'était par un tondeur de moutons. Pendant la guerre de 1870, Millet était réfugié sur la côte normande et manquait de fournitures. Il sortit donc la vieille toile de la réserve et y peignit cette jeune fille. Elle est assise sur une butte herbeuse, coiffée d'un large chapeau de paille, ses moutons autour d'elle et une vaste plaine derrière. Haute de plus d'un mètre et demi, c'est le plus grand des Millet du musée. Samuel Dennis Warren, fabricant de papier, l'offrit en 1877.




