William-Adolphe Bouguereau

William-Adolphe Bouguereau

1825–1905 · France · Art académique


L'histoire

Dans les années 1870, Bouguereau était sans doute le peintre le plus en vue de France, un pilier du Salon dont les nus et les scènes mythologiques au fini lisse et classique se vendaient à des sommes énormes et le rendirent riche. Il siégeait aussi dans les jurys qui décidaient de ce qui pouvait être accroché au Salon, et se servit de cette position, avec la plus grande part de l'establishment académique, pour tenir les impressionnistes à l'écart.

Les impressionnistes lui rendirent son mépris. Degas et son cercle forgèrent le mot « bouguereauté » pour toute peinture qu'ils jugeaient trop léchée et artificielle, un fini lisse et poli qu'ils tenaient pour malhonnête quant à la vraie nature de la peinture. Bouguereau ne dévia jamais de sa conviction que la peinture devait dissimuler entièrement sa touche et offrir l'illusion de la chair de la manière la plus convaincante possible. Il enseigna aussi pendant des décennies à l'Académie Julian, l'un des rares ateliers parisiens à admettre les femmes, et milita pour leur accès aux cours de dessin d'après le modèle vivant, à une époque où la plupart des académies le refusaient d'emblée.

Dans les vingt ans qui suivirent sa mort en 1905, sa réputation s'effondra presque entièrement, et les musées reléguèrent ses tableaux dans leurs réserves pendant la majeure partie du XXe siècle, jugés trop sentimentaux et trop léchés pour être pris au sérieux. Une exposition de 1984 au Petit Palais à Paris, la première grande rétrospective de son œuvre depuis des générations, est généralement créditée d'avoir ranimé l'intérêt pour elle, et ses tableaux se vendent aujourd'hui des millions aux enchères.

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Œuvres

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