
Jean-Baptiste-Siméon Chardin
1699–1779 · Royaume de France · Rococo, Réalisme
L'histoire
Tandis que les peintres de cour de Louis XV emplissaient Paris de chérubins roses et de marivaudage, Chardin se tourna vers un chaudron de cuivre, quelques œufs, un poisson mort. À une époque qui prisait le léger et l'érotique, il bâtit une carrière sur les choses les plus simples de la cuisine, peintes si solidement qu'on en sent le poids et le terne éclat.
Il travaillait lentement et exposait peu, mais Diderot lui-même, le philosophe à la langue acérée qui rendait compte des Salons, s'émerveillait de voir Chardin faire lire la simple peinture comme de la matière, le velouté d'une pêche ou le feutre d'un chapeau. Ses scènes de genre sont tout aussi immobiles : un garçon bâtissant un château de cartes, une gouvernante brossant l'habit d'un enfant, une servante rentrée du marché qui s'arrête avec ses pains.
Sur le tard, ses yeux faiblirent et la peinture à l'huile l'incommoda, si bien qu'il passa au pastel et fit une poignée d'autoportraits sans complaisance, un vieil homme en bonnet de nuit, les lunettes remontées sur le front. Il avait un logement au Louvre, alors palais royal, et y mourut en 1779, ayant passé ses dernières années à dessiner son propre visage à la craie de couleur.
Œuvres
9 œuvres
La RaieJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1727
L'Enfant au totonJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1738
Le BuffetJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1728
Allégorie de la musique, des arts et de la scienceJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1765
Le Château de cartesJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1740
La Fille de cuisineJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1738
La BlanchisseuseJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1730
Le Panier de fraises des boisJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1761
La Garde-maladeJean-Baptiste-Siméon Chardin, 1747