Place au grand Raphaël !
Détails
L'histoire
Sur cette petite feuille, un roi déplace un fauteuil. À droite, coiffé d'un bonnet rouge et vêtu d'une robe de chambre bordée de fourrure, Auguste III, roi de Pologne et électeur de Saxe, écarte un siège doré. Au centre, un serviteur se plie sous une grande toile sombre qu'on fait entrer dans la pièce. À gauche, une dame enveloppée d'un châle clair nous tourne le dos. Le musée y voit la reine.
Cette toile, c'est la Madone Sixtine de Raphaël, achetée aux moines de San Sisto, à Plaisance, et arrivée à Dresde le 1er mars 1754, près d'un an après la signature du contrat. Selon l'anecdote, la meilleure lumière de la salle tombait justement à l'emplacement du trône. Comme on hésitait, le roi l'aurait poussé lui-même en lançant « Place au grand Raphaël ! ». Aucun document ne le confirme, et c'est surtout par l'image de Menzel que la scène est connue. Le peintre parlait lui-même d'un « Auguste domestique », déménageur de meubles le temps d'un instant, au service de quelque chose de plus haut. Commencée en 1855 à la gouache et au pastel, la feuille fut reprise en 1859, agrandie par du papier ajouté à gauche et en bas, et réduite sur la droite.





